«

»

Avr 21 2013

Le Népal… destination longtemps rêvée…

Du mardi 16 avril au dimanche 21 avril 2013

Après 5 mois en Nouvelle-Zélande et le luxe de Dubaï, dès notre arrivée à l’aéroport de Katmandou, le contraste est saisissant. Finies les zones duty-free ! Après une heure d’attente afin d’obtenir nos visas, nous récupérons nos cartons et bagages et nous dirigeons vers la sortie afin de trouver un taxi susceptible d’embarquer notre chargement ! Immédiatement nous sommes alpaguées par tous les chauffeurs de taxi ! En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ils attrapent nos cartons, en chargent un sur le toit de la mini-camionnette, l’autre dans le coffre et sur les sièges arrières, laissant juste une toute petite place pour l’une d’entre nous. Dans la précipitation, nous n’avons pas pensé à négocier le prix à l’avance ! C’est forcément un peu plus difficile une fois les bagages chargés… Tant pis pour nous !

De Dubai_Katmandou

A. ayant déjà vécu les conditions de circulation dans un pays asiatique, choisit de me laisser la place avant. Destination Balaju ! Le chauffeur ne connaissant pas précisément l’adresse de notre hôte Madhukar, l’appelle afin d’obtenir quelques détails. Nous voilà parties à travers Katmandou ! Nous sommes tout de suite plongées dans la conduite à la Népalaise. Ici il ne semble pas y avoir de règles ! Pas de panneaux de signalisation, pas de marquage au sol non plus… La conduite est guidée par les coups de klaxons de tous côtés. A chaque intersection, je me demande comment nous allons pouvoir passer… Et pourtant ça passe ! Sans encombre. Vélos, pousse-pousse, voitures, camions s’engagent simultanément en klaxonnant joyeusement ! Jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit contraint et forcé de s’arrêter ! Plus nous avançons, plus la circulation est dense. La pluie s’est invitée, et certaines rues de Katmandou non goudronnées sont déjà bien boueuses. Le chauffeur hésite à quelques reprises puis finit par nous arrêter devant le restaurant familial Newa Nasa où Madhukar nous attend.

Madhukar est un cycliste que nous avons contacté par le biais du site Warmshowers, réseau d’hospitalité pour cyclo-voyageurs. Nous avons échangé quelques mails ces derniers jours et l’avons eu rapidement au téléphone afin de confirmer notre arrivée.

Il nous accueille chaleureusement et nous aide à décharger nos bagages ainsi qu’à les monter dans sa maison. Il nous présente la chambre de son fils Prince dans laquelle nous allons loger et nous invite à descendre manger dès que nous serons installées.

De Dubai_Katmandou
De Dubai_Katmandou

Pour notre premier repas Népalais, nous goûtons des chapatis (pain local) et du yaourt sucré. Bien que fatiguées, nous passons une agréable soirée à discuter avec Madhukar et sa femme Lalita. Il en profite pour nous expliquer comment il en est venu au vélo. Il y a 3 ans, il a pris conscience des problèmes de pollution à Katmandou et de son surpoids. Il a alors acheté un vélo qui est devenu son seul moyen de transport. Il a également affiché un poster dans son restaurant incitant ses clients et amis à en faire de même !

De Katmandou_Sortie_Velo

Après une bonne nuit de sommeil, nous profitons de la matinée afin de remonter notre tandem sous les yeux admirateurs d’Issodan, neveu de Madhukar, en attendant que ce dernier revienne de ses cours de Chinois. En effet, Madhukar qui parle déjà couramment anglais, japonais, Nepali et le dialecte Newari (sa langue maternelle), exerce parfois, en plus de son activité dans le restaurant, en tant que city-guide pour des groupes de Japonais et espère prochainement être guide à temps plein.

En fin de matinée, nous dégustons notre premier Dal-Bhat (lentilles-riz), plat typique Népalais composé de riz, d’une sauce à base de lentilles et agrémenté de différents légumes plus ou moins pimentés ainsi que de pommes de terre.

De Katmandou

L’après-midi nous décidons de découvrir un peu le quartier à pieds.

De Katmandou
De Katmandou

Nous en profitons pour acheter chacune un masque afin de nous protéger de la pollution, très importante à Katmandou.

De Katmandou
De Katmandou

En rentrant, nous chevauchons notre vélo pour une visite guidée nocturne des principaux centres d’intérêts de la ville : Patan et pour finir Durbar Square.

De Katmandou
De Katmandou

[warning]MINUTE CULTURE : Ancienne cité-État farouchement indépendante, Patan est pratiquement devenue une banlieue de Katmandou, dont elle n’est séparée que par les eaux troubles de la Bagmati. Beaucoup d’habitants continuent de l’appeler par son nom sanskrit, Lalitpur (“cité de la beauté”) ou par son nom newar, Yala. Sa spectaculaire Durbar Square (place royale) réunit le plus bel ensemble de temples et de palais de tout le pays. Pour en savoir plus. Source Lonely Planet.[/warning]

Nous allons également rendre visite aux deux mamans de Lalita, la femme de Madhukar. En effet, le papa de Lalita avait deux femmes car avec la première, Budhamaya, il n’a eu qu’une fille, Purnamaya et il était important d’avoir un fils. Sa seconde femme, Belmaya, lui a donné une fille, Lalita et deux fils, Rajan et Sajan. A son décès, ce sont les deux femmes qui ont élevé les quatre enfants. L’une travaillait pour ramener de l’argent à la maison tandis que l’autre s’occupait des enfants. Aujourd’hui elles vivent toujours sous le même toit et aident leur plus jeune fils en cuisinant les plats qu’il vend sur une petite place du quartier qu’ils habitent. Lalita les appelle Big Mama et Small Mama.

Dés notre arrivée, nous sommes accueillies par le frère de Lalita et sa belle-soeur qui nous préparent à dîner.

De Katmandou

Durant le repas, nous vivons notre première coupure d’électricité. En effet, le Népal est principalement alimenté en électricité par des centrales hydro-électriques mais celles-ci ne suffisent pas à couvrir la totalité des besoins. Malgré l’importation d’électricité depuis l’Inde, les habitants de la ville de Katmandou subissent des coupures quotidiennes d’environ dix heures.

De Katmandou_Festival_Marche

Le frère de Lalita, Sajan, est également sculpteur et nous fait découvrir ses créations.

De Katmandou

Le lendemain matin 18 avril 2013, c’est l’anniversaire de Madhukar. Il est en fait né le dernier jour du calendrier Népalais.

[warning]MINUTE CULTURE : Le calendrier népalais est en avance de 57 ans sur le calendrier grégorien en usage en Occident. L’année 2013 de notre calendrier correspond donc à l’année 2070 au Népal. La nouvelle année népalaise commence le 14 avril, avec le mois de Baisakh. Les dates des fêtes népalaises, le plus souvent dictées par le calendrier lunaire, coïncident avec la nouvelle lune ou la pleine lune. Le calendrier lunaire se divise en quinzaines brillantes et sombres. La quinzaine brillante est formée par les 2 semaines de lune croissante jusqu’à la purnima (pleine lune). La quinzaine sombre représente les 2 semaines de lune décroissante jusqu’à l’aunsi (nouvelle lune). Pour en savoir plus. Source Lonely Planet[/warning]

Nous avons donc la chance d’assister à la cérémonie qui a lieu en son honneur selon la coutume Newari. La soeur aînée de Madhukar procède à cette cérémonie.

De Katmandou_Anniversaire_Madhukar

[warning]MINUTE CULTURE : La cérémonie d’anniversaire dans la coutume Newari (ethnie à laquelle Madhukar et sa famille appartiennent) ne consiste pas à souffler des bougies. Chaque année selon le calendrier Newari, les Newar vénèrent les Dieux et Déesses selon un rituel. La coutume veut que des œufs, des fruits, du lait et des vêtements soient offerts à la personne fêtée.[/warning]

De suite après, Madhukar nous emmène aux alentours de Katmandou, seconde sortie cycliste dans cette ville grouillante où tous nos sens sont en éveil. Des odeurs de cuisine à celles moins agréables de la pollution et des rivières,

De Katmandou

des bruits de klaxons à ceux des travaux ou des coqs nichés sur les terrasses, de la vue des enfants courant pieds nus au couturier sur le trottoir,

De Katmandou

du goût amer de la pollution à celui très agréable des douceurs sucrées préparées dans les échoppes, nous découvrons un autre mode de vie, si différent de celui que nous connaissons.

Madhukar nous enseigne l’art de circuler à vélo et ce n’est pas chose aisée. Sa règle à lui est de siffler à chaque intersection en levant la main afin d’arrêter le trafic. A. prend très vite le rythme et s’engage avec aplomb dans la circulation pour franchir chaque intersection avec succès ! Devant, je lève souvent la main à l’image de Madhukar et me dis que savoir siffler me serait bien utile !

Nous traversons un petit village, pas si loin de Katmandou, où les Népalais semblent pourtant vivre bien différemment. Une femme bat du blé, d’autres serpettes à la main, arpentent les rues de retour des champs, pendant que d’autres encore transportent de lourdes charges sur leur dos.

De Katmandou_Anniversaire_Madhukar
De Katmandou_Anniversaire_Madhukar

Nous découvrons cette culture avec émerveillement et respect. La vie semble parfois avoir plus d’un siècle de retard et pourtant certaines technologies sont bien arrivées jusqu’ici. Si tous ne disposent pas des commodités ni de l’eau courante, tous semblent posséder un téléphone portable…

L’après-midi, Madhukar nous emmène voir son cousin Siam, possédant une agence de trekking, afin de planifier un trek dans l’Himalaya assez rapidement. Renseignements pris, nous poursuivons notre visite de Katmandou et rendons également visite à Shradha, bénévole dans une association cyclo qui organise entre autres le Tour de Lumbini. Tous les événements cyclistes au Népal commencent par « Tour de », en référence au Tour de France ! Il s’agit d’une sortie cyclotouriste qui part de Katmandou et rallie Lumbini en 3 jours avec une centaine de kilomètres quotidiens. Madhukar et Shradha se réjouissent à l’idée que l’on y participe, tout comme nous qui sommes ravies de pouvoir rouler avec des Népalais. Lumbini est un lieu de pélerinage où serait né Buddha et il y a semble-t-il beaucoup à visiter. Shradha nous offre du thé et des momos, sorte de raviolis frais fourrés aux légumes, à la viande ou aux pommes de terre. Nous nous régalons !

Le lendemain, Madhukar a prévu une sortie avec ses amis cyclistes dont son cousin. Nous rejoignons toute l’équipe dans Thamel, le quartier touristique de Katmandou. Nous voilà tous partis sur les hauteurs de la ville afin de découvrir temples et monastères.

De Katmandou_Sortie_Velo

Nous passons à proximité du Monkey temple où tous les singes semblent de sortie pour leur petit déjeuner.

De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo

Ensuite, nous grimpons jusqu’à un premier petit village qui nous offre un joli point de vue sur Katmandou.

De Katmandou_Sortie_Velo

Nous en profitons pour faire une pause et prendre un premier thé au lait.

De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo

A la reprise, nous abandonnons un des cyclistes qui en est seulement à son deuxième jour de vélo. Le parcours à venir est difficile et il préfère rebrousser chemin pour aujourd’hui.

De Katmandou_Sortie_Velo

Madhukar nous propose de faire demi-tour également car le chemin qui nous attend est très caillouteux et vallonné. Il pense que nous serons obligées de pousser le vélo. Mais nous sommes téméraires et avons très envie de continuer à grimper quitte à poser pied à terre. Vue que nous n’avons pas les bagages, ce n’est pas vraiment un problème. A la stupéfaction de tous, nous franchissons sans problèmes les belles montées ainsi que le chemin cabossé tant à la descente qu’à la montée.

De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo

Nous passons à proximité d’une carrière dans laquelle adultes et enfants cassent les rochers et les pierres à l’aide de pioches ou de marteaux pour les transformer en graviers. Peu après, il est temps de prendre notre petit déjeuner devant un petit « restaurant » local . Oeuf dur, pois chiches et thé au lait nous régalent !

De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo

Nous redescendons par une route sinueuse très agréable et nous arrêtons un court instant devant un monastère de femmes moines.

Celui-ci n’étant ouvert aux visites que le samedi nous reviendrons dès que possible.

Nous en croisons plusieurs sur la route qui semblent nettoyer, ramasser les tas de déchets malheureusement jetés aussi bien par les locaux que par les touristes.

De retour au Monkey Temple, le cousin et l’ami de Madhukar redescendent sur Katmandou, alors que Madhukar nous emmène pour une visite guidée du site de Swayambhunath, alias Monkey Temple ou temple des singes.

De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo
De Katmandou_Sortie_Velo

[warning] MINUTE CULTURE : Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, cet ensemble architectural dressé au sommet d’une colline s’organise autour d’un stupa blanc resplendissant, surmonté d’un bloc cubique doré portant sur chaque face les yeux du Bouddha, symbole récurrent dans toute la vallée. Selon la légende, la vallée de Katmandou était autrefois occupée par un lac (ce que confirment d’ailleurs les géologues) et la colline de Swayambhunath aurait “surgi d’elle-même” (swayambhu). Pour en savoir plus. Source Lonely Planet. [/warning]

Nous sommes très attentives à tout ce qu’il nous explique et notamment à l’histoire de la Déesse Hārītī qui protège les enfants.

De Katmandou_Sortie_Velo

[warning] MINUTE CULTURE : Hārītī est une déesse du bouddhisme pour la variole, la protection des enfants, les accouchements sans complication et l’harmonie générale de la famille. Selon une légende Hārītī était une ogresse s’adonnant au cannibalisme d’enfants pour nourrir ses très nombreux enfants. C’est après avoir rencontré le Bouddha qu’elle se repentit et protégea les enfants. Après l’intervention de Bouddha elle est transformée, par inversion des valeurs, en une divinité protectrice de l’enfance. Source Wikipedia.[/warning]

Nous faisons tourner les moulins à prière et admirons la beauté des temples et stupas, en écoutant les explications de Madhukar. Tout comme les drapeaux colorés imprimés de prières Tibétaines que l’on peut voir partout au Népal, faire tourner les moulins à prière, propage la paix dans le Monde.

De Katmandou_Sortie_Velo

[warning] MINUTE CULTURE : Un moulin à prières (mani korlo en tibétain) est un objet culturel utilisé par les Tibétains pratiquant le bouddhisme. Le moulin à prières traditionnel est constitué d’un cylindre rempli de mantras et pouvant tourner librement autour d’un axe. Selon les croyances associées à cet objet, actionner un tel moulin a la même valeur spirituelle que de réciter la prière du mantra, la prière étant censée se répandre ainsi dans les airs comme si elle était prononcée.
Les moulins, souvent disposés en longues séries, sont mis en mouvement l’un après l’autre par le fidèle qui passe devant eux et les déplace avec sa main droite. Et le moulin doit être tourné dans le sens des aiguilles d’une montre, afin que le mantra soit lu dans le sens où il a été écrit. Source Wikipedia[/warning]

L’idée de véhiculer la paix dans le monde en arborant ces drapeaux colorés nous séduit. Nous décidons alors d’en acheter de petits que nous fixons à notre drapeau et à notre porte-bagage dès notre retour au vélo.

De Katmandou_Festival_Marche

[warning] MINUTE CULTURE : Les drapeaux à prières sont des panneaux colorés ou de petites pièces de tissus rectangulaires souvent suspendus aux passages de cols et sommets dans la région de l’Himalaya, au Tibet, au Népal, au Sikkim et au Bhoutan.

Ils sont de deux sortes :

  • les loungta (lungta) ou « chevaux de vent » : guirlandes de petits rectangles de tissu imprimés de différents mantras ou de prières. Ils sont souvent de cinq couleurs chacune ayant une signification particulière : le bleu représente la voûte céleste, le blanc, l’air et les nuages, le rouge, le feu, le vert, l’eau et le jaune, la terre. Ils sont considérés comme des porte-bonheur possédant la capacité d’écarter les difficultés. Leur nom vient du cheval imprimé sur la plupart d’entre eux, cheval représenté portant les Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma (ses enseignements) et la Sangha (la communauté bouddhiste).
  • les darchok : longues bannières de tissu, accrochées à des mâts de trois à cinq mètres de haut. Ces bannières de couleurs variées présentent des textes sacrés.

Le vent qui souffle caresse au passage les formules sacrées imprimées et les disperse dans l’espace, les transmettant ainsi aux dieux et à tous ceux qu’il touchera. Source Wikipedia[/warning]

Ce soir, nous sommes invités avec Madhukar chez Shradha pour fêter son anniversaire. Nous avons été très touchées par son invitation et passons une soirée agréable avec ses amis.

Arrivées depuis quelques jours au Népal, nous avons rapidement adopté le rythme Népalais, lever 5h, coucher 22h. Le lendemain matin donc, lever à 5h afin de partir pour Durbar Square avec Madhukar et sa femme ainsi que son frère Madan et sa belle- soeur Rosanie. Un festival pour faire venir la pluie a lieu aujourd’hui. Malgré l’heure très matinale, Katmandou est déjà très animée. Après trois quarts d’heure de marche, nous arrivons à Durbar Square où le festival bat son plein ! Tous les Népalais sont de sortie afin de prier et faire des offrandes.

De Katmandou_Festival_Marche
De Katmandou_Festival_Marche
De Katmandou_Festival_Marche

Nous profitons ensuite du marché où de nombreux villageois sont venus vendre des produits achetés dans des fermes autour de Katmandou.

De Katmandou_Festival_Marche
De Katmandou_Festival_Marche

Ensuite, Madhukar nous emmène dans la maison dans laquelle son frère Madan est né et où il a vécu une partie de son enfance. Aujourd’hui, c’est son cousin, sa femme ainsi que leurs trois fils qui y vivent. Nous avons la chance de rencontrer des locaux et de voir réellement la vie Népalaise.

L’eau courante est loin d’être arrivée de partout et des seaux d’eau sont acheminés jusqu’à la cuisine située au troisième étage de cette très ancienne maison. La cuisine fait également office de chambre pour l’un des fils. Lalita nous prépare un bon thé au lait et pose les tasses à même le sol en terre battue.

De Katmandou_Festival_Marche
De Katmandou_Festival_Marche

Nous dégustons ensemble quelques spécialités sucrées que Madhukar et son frère viennent d’acheter au marché. Dans cette maison, une pièce est également réservée à la prière. Un petit Bouddha est présent et lors d’une fête religieuse, Madhukar et toute sa famille viennent vivre dans cette maison pendant trois jours.

Madhukar nous explique aussi que la maison dans laquelle il est aujourd’hui, était, durant son enfance, entourée de champs appartenant à ses parents fermiers. Mais un jour le gouvernement a décidé de racheter les champs pour une bouchée de pain afin d’y construire des usines. Les parents de Madhukar ont été contraints de changer de métier. C’est ainsi qu’ils ont monté le petit restaurant familial qui perdure aujourd’hui.

D’autre part, il y a 30 ans, Madhukar buvait et se baignait dans l’eau de la rivière qui traverse Katmandou. Depuis les choses ont bien changé mais pas forcément dans le bon sens. Beaucoup de personnes ont migré vers Katmandou sans que les infrastructures suivent. De nombreuses compagnies se sont pourtant installées à la place des champs de la famille de Katmandou, notamment Coca-Cola et une laiterie, mais elles ne semblent pas faire beaucoup pour aider la population !

Au contraire, ces entreprises ont de tels besoins en eau qu’elles privent la population locale de l’eau courante. Il y a une quinzaine d’années, l’eau arrivait aux robinets chez Madhukar. Aujourd’hui, plus aucune des salles de bains de la maison n’est alimentée en eau courante et Madhukar et son frère doivent récupérer l’eau de pluie et la monter dans les salles de bain avec des seaux tant pour les toilettes que pour se laver.

[warning] MINUTE CULTURE : Coincé entre le plateau tibétain et les plaines du sous-continent, c’est-à-dire entre les géants que sont aujourd’hui la Chine et l’Inde, le Népal bénéficia longtemps de cette situation. Il servit d’étape aux marchands, aux voyageurs et aux pèlerins. Aujourd’hui, le pays a profondément changé. Il y a cinq ans, les Népalais sortaient à peine des ravages d’une décennie de guerre civile. Un Premier ministre élu a remplacé un monarque héréditaire à la tête de l’État. Naguère royaume traditionnel hindou, le Népal est aujourd’hui une république fédérale dirigée par des maoïstes. La sécurité s’est considérablement améliorée. La vague d’optimisme qui a suivi la fin du conflit armé reste tempérée par des problèmes d’infrastructures considérables, qui font de la vie de la plupart des Népalais une véritable lutte. La population de Katmandou s’est tellement accrue durant la décennie de guerre civile que la capitale est sur le point d’exploser. Les stations-service sont régulièrement en rupture de stock. Et les prix des denrées alimentaires et du kérosène, qui est employé pour la cuisine, grimpent en flèche. Pour en savoir plus : Katmandou et Le Népal en bref. Source Lonely Planet.[/warning]

Après ces bons moments partagés dans l’ancienne maison familiale, nous regagnons Balaju en mini-bus. Un grand moment ! Les bus sont en fait de mini-vans dans lesquels un rabatteur crie tous les cent mètres la liste des destinations à venir.

De retour chez Madhukar, nous faisons essayer le vélo à nos hôtes qui sont tous les deux ravis !

De Katmandou_Festival_Marche
De Katmandou_Festival_Marche

Dehors le temps s’est gâté et nous profitons d’un peu de temps libre pour avancer sur le blog. Le lendemain, Madhukar nous emmène de nouveau aux alentours de Katmandou pour une courte sortie vélo d’environ une demie-heure. Armée de mon sifflet, c’est aujourd’hui l’occasion de tester l’efficacité de cette méthode !

Jour de rentrée des classes, nous croisons nombre d’enfants en costume, fin prêts pour ce grand jour.

De 2013-04-21_Katmandou_Sortie_Velo

Malheureusement, nous croisons également des enfants qui ne semblent pas aller à l’école. Le temps n’est toujours pas au beau fixe et nous sommes inquiètes pour notre trek qui doit démarrer le lendemain. Notre linge lavé à la main par Didi en échange de quelques roupies, n’est toujours pas sec. Didi est une femme que Madhukar et sa femme ont recueilli et à qui ils offrent une chambre contre le ménage dans le restaurant. Pour Lalita et sa belle-soeur, elle est comme une grande sœur et est de ce fait très respectée.

Nous devons nous rendre à Katmandou afin de faire quelques courses indispensables pour notre départ en trek le lendemain. Le temps ne nous invite pourtant pas à sortir.

En début d’après-midi, nous profitons d’une éclaircie pour nous rendre à Thamel. Plongées dans le quartier touristique, nous croisons de nombreux occidentaux et parmi eux de nombreux français. Nous discutons un long moment avec deux couples qui reviennent d’un trek autour du Manaslu. Ils ont rencontré des températures négatives à l’intérieur des lodges et cela nous conforte dans le fait qu’il nous faut absolument acheter de bons duvets. Nous faisons alors l’acquisition de deux duvets confort -8°C. Ensuite, malgré de nombreuses difficultés pour retirer de grosses sommes aux distributeurs Népalais, nous finissons par réunir l’argent nécessaire à notre trek prévu pour 3 semaines.

Nous devons encore trouver une laverie afin de faire sécher notre linge et cela n’est pas une mince affaire ! D’autant plus qu’il est presque 18h et que nous sommes tenues par le temps puisque nous devons rencontrer Siam chez Madhukar afin de régler les derniers détails relatifs à notre trek et que notre sac n’est pas prêt ! Nous trouvons finalement un hôtel qui accepte de nous le sécher immédiatement et même si nous payons le prix fort, nous sommes contentes de pouvoir partir en randonnées avec du linge sec ! Nous regagnons alors Balaju, dégustons un bara, sorte de crêpe aux légumes, en compagnie de Madhukar et Siam qui en profite pour nous remettre un T-shirt de son agence arborant le Mont Everest.

[warning] MINUTE CULTURE : L’Everest s’élève à la frontière entre la région autonome du Tibet et le Népal. Il culmine à 8 848 mètres d’altitude dans le Mahalangur Himal, un massif de l’Himalaya, ce qui en fait le point culminant de l’Asie et le plus haut sommet du monde. Source Wikipedia.[/warning]

Il est déjà tard, mais nous démontons le tandem afin de le stocker dans le salon de beauté de la sœur de Madhukar durant notre absence. Nous terminons la journée en préparant efficacement nos sacs, faisons un dernier coucou à nos parents sur Skype et nous endormons rapidement sur des notes de rêve Himalayen !

(4 commentaires)

Passer au formulaire de commentaire

  1. Gisèle

    Toujours de belles photos, hum, très impressionnée par la promenade en vélo , je ne sais pas comment vous avez fait…. c’est vrai que côté pollution, il y a de quoi faire. Les sourires et les photos des népalais sont vraiment bien faits. J’aime particulièrement les photos des enfants.

    BISOUS A TOUTES LES DEUX
    Gisèle

  2. Dave

    A., Celine – you look happy and well and you tease us with your high life – wonderful blog. Megan loves your tee shirts!!. Things are pretty much the same here. Celine, I have had to stay alert without your help, my twin remains very dangerous. Love to you both. Dave & Megan

  3. Sylvie

    Votre carnet de voyage me donne vraiment envie, je croyais que cela ne pouvait exister que dans les livres et que nous, occidentaux avec nos habitudes de confort, nous ne pouvions que voir ces images à la télévision… Bravo ! Vraiment bravo d’avoir osé et de nous avoir montré que les rêves sont faits pour être réalisés ! Encore un bravo pour Céline qui je crois ne s’est que rarement levé à 5h du matin !!!! Bisous

  4. Victoria

    Mesdemoiselles, je vous salue de Moscou! Bravo pour le blog et surtout pour les photos. C’est quoi alors votre prochaine destination? A la prochaine (j’espere).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *